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Il y a 4 ans, Hrant Dink était assassiné...

La Turquie doit lui rendre justice


Le 19 janvier 2007, Hrant Dink, journaliste arménien et citoyen turc, était assassiné à Istanbul, devant le bâtiment abritant la rédaction du journal "Agos" dont il était le fondateur et le rédacteur en chef. Hrant Dink était un homme de paix et de dialogue entre les Arméniens et les Turcs. Il cherchait à surmonter le lourd contentieux arméno-turc en défendant un discours de vérité et de justice en faveur des Arméniens victimes du génocide de 1915. Son esprit tolérant lui avait permis d'ouvrir une brèche dans la société turque pour qu'elle assume les pages sombres de son Histoire avant, pendant et après la première guerre mondiale. Apprécié de tous, il était devenu une conscience universelle pour nombre de Turcs issus de la société civile, qui avaient levé avec courage le tabou arménien. Grâce à Hrant Dink, la société turque était en train d'accomplir un pas sans précédent pour sortir de son amnésie collective, ébranlant au passage les fondations du négationnisme de l'État.

Il y a quatre ans, un jeune turc ultra-nationaliste l'a assassiné, cherchant dans cet ignoble geste à étouffer ce que notre compatriote Hrant avait accompli. Son procès, ouvert depuis juillet 2007, tourne à la parodie de justice. Les autorités turques étaient informées de la préparation de cet assassinat et n'ont rien fait pour l'empêcher et protéger Hrant. Tout le monde sait que le jeune assassin n'a pas agi seul, que des zones d'ombres demeurent et que des complicités au sein de l'État turc existent. Mais, aujourd'hui, l'affaire s'enlise et les espoirs de voir la vérité éclatée tombent dans l'oubli. L'assassinat de Hrant Dink oblige la société civile turque à poursuivre son combat pour que justice lui soit rendue. Il en va du progrès de l'État de droit en Turquie, des responsabilités citoyennes et du devoir de chaque Turc d'affronter son histoire jusqu'à briser le négationnisme d'État qui sévit depuis 96 ans dans les structures du pays et au-delà. Le CCAF appelle les autorités turques à tirer les enseignements de l'arrêt rendu le 14 septembre 2010 par la Cour européenne des droits de l'homme condamnant la Turquie qui tout "en étant informée de la planification de l'assassinat et de son exécution imminente n'a pas réagi afin de l'empêcher".

Le CCAF a déposé une gerbe, sur sa tombe, à Istanbul.

 
 
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