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Le CCAF condamne le piratage du site internet du journal arménien "Agos"

Le CCAF condamne avec la plus grande fermeté le piratage du site internet d"Agos", journal arménien édité en Turquie. Cette cyberattaque intervient quasiment trois ans après l'assassinat de son rédacteur en chef, Hrant Dink, à Istanbul devant le siège de sa rédaction.

Une telle opération de piratage est moralement insupportable et politiquement indigne. Elle participe de la propagation d'un climat de terreur que les ennemis de la liberté et des droits de l'homme répandent dans la société turque de plus en plus exigeante envers le pouvoir à propos de l'examen de son passé, notamment les années noires du génocide des Arméniens. Ce délit informatique fait l'apologie du crime raciste dont a été victime notre compatriote Hrant Dink et ces auteurs saluent dans le plus grand cynisme, le geste ignoble de son assassin présumé, Ogün Samast.

Le CCAF exige de la Turquie qu'elle fasse toute la lumière sur cet acte de cyberpiratage et tient à exprimer sa solidarité avec le journal "Agos" et ses amis. Nous appelons également les instances européennes à examiner avec la plus grande attention l'évolution de cette affaire qui intervient en plein procès de l'assassin présumé de Hrant Dink et l'affaire Ergenekon. La Turquie doit s'adapter aux standards européens notamment en matière de droits de l'homme pour créer les conditions d'un Etat et d'une société de droit. Tant que le négationnisme d'Etat reste un axe fondamental de sa diplomatie, tant que le gouvernement turc, quel qu'il soit, utilise sa soi-disante politique d'ouverture envers l'Arménie comme le paravent de son déni de l'Histoire pour mieux phagocyter la question du génocide, l'ensemble des Arméniens, en Arménie comme en diaspora mais aussi toutes les personnes empreintes d'humanisme douteront de la sincérité d'un régime qui souhaite rejoindre l'espace de libertés et de paix qu'est l'Union européenne. La Turquie doit rompre avec son négationnisme officiel et mettre un terme à ces basses manœuvres qui n'ont pas d'autres finalités que de créer les conditions d'une nouvelle terreur dont les Arméniens ont payé dans le passé le prix fort : un génocide.

Le CCAF demande également aux responsables d'organisations et aux militants de la Cause Arménienne de redoubler de vigilance face à d'éventuelles attaques que les nationalistes turcs pourraient commettre sur le sol français ou ailleurs.

Enfin, le CCAF attire l'attention du Ministère des Affaires étrangères de la République Française pour qu'après ce piratage informatique, il exprime son indignation auprès d'Ankara. Il tient aussi à rappeler aux autorités de l'État que le plus sûr moyen de lutter contre le négationnisme consiste à adopter la proposition de loi sur la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, votée le 12 octobre 2006, par l'Assemblée Nationale et aujourd'hui bloquée au Sénat.

Le négationnisme ne relève pas de l'Histoire et de la mémoire, mais du Droit.

Comme le racisme et l'antisémitisme, il ne concerne pas qu'un État mais la communauté internationale. Il se combat par la loi, non par l'espoir d'un geste que les Arméniens se lassent d'attendre depuis désormais 95 ans.

 
 
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