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Communiqué du CCAF à l'occasion du troisième anniversaire de l'assassinat de Hrant Dink

Paris, le mardi 19 janvier 2010.

Il y a trois ans, le 19 janvier à Istanbul, Hrant Dink, journaliste arménien, citoyen de Turquie, tombait sous les balles d'un extrémiste turc à la solde d'un groupe nationaliste adepte de la terreur contre tout ce qui n'est pas turc, et manipulé par de hautes autorités. Hrant Dink, cette voix de la paix, de la vérité et de la liberté s'est éteinte à Istanbul mais sa parole et son idéal continuent d'habiter le quotidien de tous les humanistes du monde entier, en Turquie comme en Arménie, en France comme dans le monde entier.

Le message de Hrant Dink était porteur d'une espérance : celle de voir une Turquie prête à affronter son passé et répondre à de simples questions : que sont devenus les 2 millions d'Arméniens vivant depuis des siècles sur leurs terres sous domination de l'Empire ottoman ? Comment sortir la société turque de cette amnésie collective alimentée par 95 ans de déni de l'histoire ? Pourquoi le négationnisme d'Etat doit-il empêcher les citoyens turcs de penser librement ou les menacer de poursuites judiciaires dès lors que la vérité sur le génocide des Arméniens fait tomber la digue du nationalisme et de l'étatisme ?

L'assassinat de Hrant Dink a constitué un tournant dans le processus de démocratisation de la Turquie. Les démocrates turcs de bonne foi ont pris la mesure de la puissance du symbole que représentait cet ancien rédacteur en chef du journal "Agos" pour les libertés publiques, l'Etat de droit et les droits de l'homme en Turquie.

Malheureusement, trois ans après sa mort, le procès de son meurtrier s'enlise et l'affaire n'a jamais été élucidée, malgré les preuves et témoignages et comme pouvaient l'attendre la famille de Hrant Dink, ses amis, ses avocats et tous les défenseurs de la liberté et de la vérité en Turquie comme dans le reste du monde. Le procès n'est pas encore parvenu à soulever le couvercle d'un système judiciaire opaque, prêt à tout pour défendre le nationalisme le plus radical au risque d'apparaître comme une justice à la solde d'un pouvoir qui instrumentalise cette affaire à des fins internes. Tout prouve que l'assassinat de Hrant Dink est lié à l'affaire Ergenekon, ce réseau nationaliste réunissant armée-extrême-droite-mafia-banditisme. En dépit de cette menace intérieure, les autorités turques continuent de s'enfermer là aussi dans un déni de vérité et de justice.

Qu'on ne se trompe pas, Hrant Dink était pour le rapprochement entre les peuples turc et arménien sur la base de la vérité historique et la reconnaissance du génocide de 1915 ; pas sur un dialogue bilatéral fondé sur une litanie d'équivoques à propos du génocide qui au nom d'une réconciliation entre les deux peuples devrait perdre, au passage, son caractère génocidaire. Son objectif était clair : à ceux qui lui succèdent et qui se réclament de son héritage de maintenir son étendard de la vérité et de la liberté très haut en Turquie comme dans le monde. Lui rendre justice et faire toute la lumière sur son assassinat constituerait la preuve d'un changement de la Turquie.

Depuis le 19 janvier 2007, le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France rend hommage à Hrant Dink, notamment par le dépôt d'une gerbe sur sa tombe à Istanbul. Cette année comme celles à venir, le CCAF renouvellera cette opération de recueillement pour bien montrer à la Turquie que le souvenir de Hrant Dink reste vivant, que ses idées se répandent toujours dans la conscience de l'humanité et que si elle veut rejoindre le camp de la liberté, la Turquie devra reconnaître la vérité : le génocide des Arméniens de 1915. Le combat continue !


 
 
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