Accueil Organisation du Conseil Dossiers Communiqués Liens Contact
 
  À la une
 


Communiqué du CCAF sur la création d'un pôle "génocides et crimes contre l'humanité" au TGI de Paris

Paris, le 6 janvier 2010


Le Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France considère que la création d'un pôle "génocides et crimes contre l'humanité" au Tribunal de Grande Instance de Paris est un pas encourageant dans la lutte contre l'impunité de ces crimes collectifs et une marque de solidarité envers leurs victimes.

Cette initiative du gouvernement français exprimée par Michèle Alliot Marie et Bernard Kouchner, respectivement ministre de la justice et ministre des affaires étrangères, ne peut que concerner l'ensemble des citoyens français et toucher en particulier les descendants des rescapés du génocide de 1915 que nous sommes.

Elle nous invite à rappeler que l'imprescriptibilité du génocide et des crimes contre l'Humanité est un droit international garanti par la convention du 26 novembre 1968. Si "l'humanité a le droit de se défendre contre l'oubli", comme l'écrivent les deux ministres, elle doit surtout se donner les moyens de lutter contre les négationnistes, ces "assassins de la mémoire", comme l'a écrit Pierre Vidal-Naquet, et le négationnisme, ce fléau qui constitue la dernière étape du processus génocidaire, à savoir agir comme si le crime n'avait pas eu lieu.

Le négationnisme est un délit universel qui transgresse l'Histoire, porte atteinte à la dignité des victimes et de leurs descendants, et ronge l'ensemble du corps social si les pouvoirs publics n'y prennent pas garde. Dans le cas du génocide des Arméniens, il ne reste aucun responsable de ce crime vivant, mais le souvenir des Talaat, Djemal, Enver et consort a gardé toute sa place dans la conscience collective turque : rues, places, boulevards, mausolées, etc. combien de villes turques ont baptisé lieux et places publiques du nom de ces criminels du parti Union&Progrès (Ittihad ve Terrake) ? Jusqu'à quand la Turquie va-t-elle s'arcbouter sur son négationnisme d'Etat ? La dé-ittihadisation de la société turque passe aussi par cette mesure de salubrité publique.

Si en Turquie, les autorités doivent s'emparer du passé à l'image d'une partie de leur société prête à affronter les démons de l'Histoire ; en France ou ailleurs, la pénalisation de la négation du génocide relève de la responsabilité des gouvernements qui doivent dans leur arsenal législatif se donner les moyens de soutenir les droits des victimes de génocides et de leur descendance. C'est pour cela que nous demandons une nouvelle fois au Sénat français d'adopter dans les meilleurs délais la proposition de loi sur la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens.

Le Sénat serait bien avisé d'emboîter le pas aux propos des deux ministres selon lesquels "la France s'inscrit résolument dans la lutte contre l'impunité". L'adoption de la proposition de loi sur la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens sera la baromètre de cet engagement.




 
 
  Tribune Libre
 
Accès tribune libre


 
  Informations
 
La question arménienne dans la Presse et l'édition internationale de 1878 à nos jours -

 


CCAF
Conseil de Coordination des organisations Arméniennes de France
118 rue de Courcelles
75017 Paris
contact@ccaf.info

 CCAF©2001-2016