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Lycéen victime des ravages du négationnisme orchestré par l’Etat turc

COMMUNIQUE

Une triste affaire a éclaté à la mi-novembre 2009 sur le territoire de la République, lorsqu’un jeune écolier, Mustafa Dogan, français d’origine turque et élève de 3e au Lycée Jacques Marquette à Pont-à-Mousson, a été privé de cours pour deux jours de son collège, par mesure disciplinaire pour avoir d’une part nié la réalité du génocide, d’autre part écrit que « le génocide arménien est mérité ».


Un Comité de Soutien à Mustafa Dogan s’est créé sur Internet. Veysel Filiz Président de Cojep International, a transmis un courrier au principal du collège dont voici quelques extraits que nous nous sommes procurés par la presse :

«Vous avez tranché sur un sujet de portée internationale, liant un nombre important de chancelleries, n’ayant absolument pas obtenu l’unanimité et étant toujours en discussion dans certains Parlements. La loi sur la négation du «Génocide Arménien» n’a pas été entérinée par le Sénat. De plus, le contexte international est très mal choisi si nous tenons compte du rapprochement actuel entre l’Arménie et la Turquie qui pourra aider à une solution définitive concernant 1915. L’âge de l’enfant, le niveau de ses connaissances sur ce sujet, ne permet en aucun cas de raisonner et de maîtriser ce sujet dans tous ses aspects.».

Le CCAF a attiré l’attention des autorités et notamment de M. le Président du Sénat sur ce grave incident qui traduit une nouvelle fois les dégâts que le négationnisme provoque sur notre territoire national tant qu’il n’est pas combattu en France et ailleurs.

A plusieurs reprises, nous avons sensibilisé les opinions et pouvoirs publics français sur la nécessité d’achever la procédure d’adoption de la proposition de loi sur la pénalisation de la négation du génocide des Arméniens, actuellement bloquée au Sénat. Nous savons que l’attention de M. Gérard Larché, ainsi que de beaucoup de Sénateurs est indéfectible à ce sujet et qu’ils maîtrisent l’ensemble du dossier. Aussi, cette question qui relève de la dignité et du respect de la mémoire des Français que nous sommes, que nous nous tournons à nouveau vers le Sénat pour relancer la procédure d’adoption de cette proposition de loi ; seul moyen d’en finir une bonne fois pour toute avec la diffusion en France de ce cancer qu’est le négationnisme dont les métastases insultent directement les valeurs de notre République et menacent l’ordre public et la paix civile.

Malheureusement, nous savons tous que le jeune Mustafa Dogan est lui-même une victime des ravages du négationnisme orchestré par l’Etat turc. Notre démarche ne consiste pas à accabler davantage ce jeune élève de la République. Mais cet incident résonne avec gravité dans nos consciences de citoyens français attachés aux lois de la République et à ses valeurs de dialogue, de respect de la mémoire et de paix. Ce qui est loin d’être le cas pour les personnes qui manipulent le jeune Mustafa en France et celles qui exploitent l’affaire en Turquie. En effet, «l’affaire Dogan» a pris une telle ampleur à Ankara qu’outre la presse nationaliste sous ses habits libéraux, le Parlement turc, par l’intermédiaire de sa commission des droits de l’homme, s’en est saisi sans scrupule tout en faisant acte d’ingérence dans les affaires intérieures de la République française.

Cette démarche collective turque est d’autant plus surprenante qu’elle intervient au moment où la Turquie a signé un accord avec l’Arménie, accord parrainé par plusieurs puissances, dont la France. Un mois et demi après cette signature, force est de constater que rien a changé dans le discours officiel turc arc-bouté sur son funeste déni de l’histoire et dont «la politique d’ouverture» envers l’Arménie ne répond qu’à une seule ambition: instrumentaliser cet accord pour mieux empêcher les Parlements du monde entier d’adopter des textes portant sur la reconnaissance du génocide des Arméniens.

A l’heure de la saison de la Turquie en France et de l’ouverture du débat sur l’identité nationale impulsée par le gouvernement, les Français d’origine arménienne sont très inquiets. Le seul moyen de les rassurer est de couper court à la propagation de ce mal sournois et vicieux qu’est le négationnisme d’Etat en adoptant la proposition de loi sur la sanction de la négation du génocide de 1915.

Le CCAF reste, bien entendu, à la disposition de la Présidence du Sénat, des groupes politiques représentés dans cette Haute Assemblée, ainsi que des états-majors des forces politiques pour faire état de ses préoccupations et d’arrêter les modalités d’examen du texte de loi.

Paris, le 23 novembre 2009
 
 
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