La FRA Nor Seround, Nouvelle Génération Arménienne, réunit des jeunes humanistes, engagés à ce que justice soit faite, pour les victimes d’hier et en vue de préserver les générations de demain. Dans cette quête humaniste, la FRA Nor Seround participe au sein du CCAF et avec les autres associations de jeunesse arménienne de France, à la reconnaissance du génocide arménien et la pénalisation de sa négation. Mais son engagement ne s’arrête pas là. Sa dimension universelle pousse tout naturellement les militants de la FRA Nor Seround à s’engager sur d’autres terres et aux côtés d’autres peuples.

Tantôt au sein du Collectif Urgence Darfour, tantôt auprès de nos amis rescapés Tutsis du Rwanda nous exprimant notre solidarité envers ces victimes de Crimes contre l’Humanité. Mais notre devoir de mémoire, nous le partageons avec solidarité auprès des rescapés et descendants de l’Holocauste. Porte-parole de la FRA Nor Seround j’ai été amené dans le cadre d’un voyage d’étude conduit le 14 janvier 2009, par le Mémorial de la Shoah et soutenu entre autre par le Conseil Régional d’Aquitaine, le Rectorat et Sciences Po Bordeaux, à m’envoler pour découvrir ce que pu être l’enfer d’Auschwitz et de Birkenau pour toute une communauté juive européenne.

Quelques kilomètres séparent Auschwitz de son extension réalisée au printemps 1942, Birkenau. A Auschwitz c’est l’univers concentrationnaire qui domine. Il s’agit d’un lieu de torture physique et psychologique. On y découvre des baraquements de briques, alignés les uns les autres. Il s’agit d’un lieu de travaux forcés pour les Juifs, d’un lieu chargé de souffrances et de tortures. Réaménagé en Musée, ce lieu est d’autant plus évocateur que les effets personnels des Juifs ou les restes de cheveux coupés sont conservés dans des vitrines.

Alors qu’Auschwitz était un univers de terreur collective, Birkenau représente la mort systématisée et absolue, le symbole du génocide dont furent victimes les populations juives durant la Seconde Guerre Mondiale. Mettant directement en œuvre la solution finale de la question juive prévue par la Conférence de Wannsee, ce camp représente un million de morts entre 1942 et janvier 1945. 20% des arrivants à Birkenau ont la lourde tâche de survivre dans des baraquements plus que précaires où tout est mis en œuvre pour cultiver l’humiliation et le développement des pires infections. Le reste, la grande majorité, est immédiatement transportée vers les chambres à gaz en vue de l’extermination. Les corps sont ensuite brûlés dans les crématoires, et les cendres dispersées pour maintenir l’effort d’effacement des preuves. La méthode est scientifiquement efficace : les 4 complexes de quelques dizaines de mètres carrés comprenant chambre à gaz et fours crématoires peuvent en tout, faire 5000 morts par jour. Ils ont été détruits par les Nazis la veille de la libération du camp afin de maintenir, avec un jusque boutisme remarquable, le secret du massacre.

Génocide arménien, génocide des Juifs, quelques décennies ont séparé ces deux crimes qui marqueront à jamais l’Histoire de l’Humanité. Au nom de la solidarité des peuples ébranlés, il était important pour nous, d’apporter notre témoignage suite à la découverte physique de ce lieu chargé de symboles qui vit l’anéantissement, pendant la seconde guerre mondiale de tant de vie humaine. Un témoignage qui ne fait que renforcer notre engagement pour le respect de la mémoire et contre le négationnisme de génocides.

par Jules BOYADJIAN