Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage...
Par Marie Jeanne Jourdan  Août 2009

Pour avoir lu l'excellent ouvrage d' Yves Ternon "les arméniens - histoire d'un génocide", je savais déjà que les jeunes turcs les accusèrent sciemment et à tort d'être responsable de la défaite militaire turc à Sarikamich au cours de la première guerre mondiale afin de justifier le génocide arménien de 1915, de la même manière qu'Hitler accusa les juifs allemands d'avoir été des "planqués et des traîtres" au cours de la première guerre mondiale et justifier le massacre des juifs au cours de la seconde guerre mondiale.

Mais récemment, et par hasard en me penchant sur des études linguistiques, je m'aperçut que la propagande nazie qui traitait les Juifs, les Arméniens assimilés à des sémites apatrides au même titre que les Juifs, ainsi que les gitans également apatride, de races inférieurs devant être éliminées d' Europe, avait fait preuve d'une manipulation politicienne de l'ethnologie trop stupide pour ne pas avoir été volontaire...
En effet en me référant à "Atlas de la civilisation occidentale" sous la direction de Pierre Lamaison (France loisir édition),
je lus ceci :

- L'Indo-européen désigne une famille de langues qui étaient parlée aux environ du premier millénaire dans la plupart de l'Europe et dans une partie de l'Asie. C'est de toutes les familles de langues celle dont la parenté est la moins contestée.

Chronologiquement, et selon les sources linguistiques on peut supposer une première sécession des anatoliens, (actuellement Turquie asiatique soit plus de 95°/° du territoire turc où le peuplement indo-européen tiendrait son origine) tandis qu'une deuxième étape (vers le 3eme millénaire avant notre ère) voit la différenciation entre les langues de l'est dite de type "satem" (indo-iranien, arménien, albanais, balte, slave, thrace, phrygien) et celle de l'ouest de type" centum" (italique, [latin notamment], celtique, germanique, grec). "
Les langues indo-aryenne(ou iranienne) sont à l'origine de deux groupes :
groupe occidental, dialectes mèdes(dont est issu le Kurde notamment), et groupe oriental à l'origine de langues parlées en Iran et le nord de l'Inde).

La propagande nazie fit un amalgame de symboles au bénéfice des peuples germaniques pour le moins hardi, et servant la diplomatie nazi !
- Ainsi les nationalistes nazis, tout comme les nationalistes turcs en 1915, ne voulaient plus chez eux de population chez eux liée à une "diaspora" extérieure et dans les deux cas ces populations furent assimilés à des apatrides par les nazis alors que la présence des Arméniens en Anatolie est très ancienne, bien avant la présence des Turcs (
Eden, le paradis terrestre du livre de la genèse était en Arménie occidentale. ).
- L'étude linguistique rattache les Arméniens au groupe de l'est comme les indo-aryens et les germaniques et grecs au groupe de l'ouest (cette séparation en deux groupes du groupe indo-européen, la bible en a gardé le souvenir voir )
Ce qui n'empêchera pas les nazis, d'exclure les Arméniens du groupe indo-européen qui pour eux se résumait aux indo-aryens dont ils détournèrent un symbole bouddhiste la svastika (lévogyre = ouverte à gauche) à leur profit en la transformant en "croix gammée" (dextrogyre=ouverte à droite par bascule de 45 degré) alors que les germains appartenaient aux groupe de l'ouest tout comme les grecs, et de revendiquer dans le même temps une identité commune à la prestigieuse civilisation grecque antique !
Pourquoi aller chercher un symbole "oriental" en Inde, alors que le choix ne manquait pas parmi le symbolisme grec ?
Parce que les grecs avaient été dominés par les latins et les turcs, alors que la caste brahmane sacerdotale et dominante en Inde était considérée comme d'origine indo-européenne ?
Le peuple turc était d'originaire de l'Altaï (région asiatique limitrophe de la Russie et du Kazahkstan, issu d'un métissage entre germains et asiatiques), ils étaient les alliés en 1914 et les nazis espéraient les voir rejoindre leur rang, Saul Friedländer dans son ouvrage "l' Allemagne et les nazie et les juifs" montre l'inquiétude des turcs de se voir considérer comme non aryens, la diplomatie nazie les rassura en leur faisant savoir qu'ils étaient considérés comme apparentés et égaux aux aryens !

Par Marie-Jeanne Jourdan -
Publié dans :
ethnologie sociologie

Biographie : Diplômée médecin généraliste en 1991, avant de faire ses études de médecine, Marie-Jeanne Jourdan a d’abord été infirmière, ce qui l’a rendue particulièrement réceptive à la souffrance physique et morale des patients. Sa formation médicale lui permet d’appréhender l’étude de l’histoire avec une sensibilité particulière, s’intéressant surtout "au vécu de l’histoire et aux conditionnements culturels et religieux".

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