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Impossible de
parler, Impossible de se taire.
Pendant les premières décennies qui ont suivi le génocide, nos parents, nos
grands parents, qui en sortirent rescapés, avaient fermé, à double tour, le
verrou de leur mémoire.
Ne pas parler de ces horreurs, refuser de revivre par la mémoire
l’indescriptible, l’épouvantable exode, les massacres, les viols, la faim,
la soif, la déchéance de la dignité humaine.
Un seul objectif pour ces rescapés, vivre ou plutôt survivre, là où ils ont
été accueillis. S’intégrer, reconstruire une vie, une famille, une
descendance. Faire face à l’ignorance et à l’indifférence.
On reste cloîtré dans le silence, car qui pourrait croire ces horreurs,
cette bestialité, cette folie collective, cette inhumanité ?
IMPOSSIBLE DE PARLER
Puis, progressivement, quelques
mots, des photos, les souvenirs sont toujours là, marqués au fer rouge au
plus profond de la mémoire.
Progressivement, la porte de la mémoire s’entrouvre, on se confie d’abord,
presque confidentiellement, puis viennent le temps de la parole et du
témoignage.
Aujourd’hui, leurs petits
enfants, 4ème génération d’après génocide, veulent savoir, veulent parler,
veulent se souvenir.
Ni haine, ni vengeance, mais justice pour le Peuple Arménien.
Justice pour la mémoire des 1.500.000 morts sans sépultures.
De la mémoire
confidentielle, nous passons à la mémoire politique, celle de la
reconnaissance, celle de la Justice, celle de la revendication, celle du
respect du genre Humain.
Aujourd’hui, la 4me génération d’après Génocide commémore le 92me
Anniversaire du Génocide des Arméniens perpétré par l’Empire Ottoman.
Ce Génocide, est reconnu par un grand nombre de Nations Démocratiques,… Mais
il nous manque, encore, la seule reconnaissance, celle qui comptera aux yeux
des Arméniens, celle de son bourreau, celle de la Turquie.
Cette Turquie, qui par son négationnisme, cautionne les crimes de l’Empire
Ottoman.
Crimes qui ont été pourtant reconnus et condamnés par un Tribunal Turc en
1919.
Cette Turquie qui veut jouer sur la durée, en espérant qu’avec le temps et
beaucoup d’argent, on ira vers un éparpillement de la mémoire et
nécessairement vers l’oubli.
Le Risque serait donc grand de tomber dans la seule démarche commémorative à
date précise et de s’éloigner du véritable objectif, du véritable travail de
fond.
Le Risque serait grand si la mobilisation n’était pas permanente, avec les
moyens qui sont les nôtres, face à la puissance d’un État et à la complicité
des forces mercantiles du libéralisme mondial.
Notre lutte est un combat de tous les jours, sur tous le fronts.
Hier, pour nos grands Parents, il était
impossible de parler,
aujourd’hui, pour leurs petits enfants, il est IMPOSSIBLE de se TAIRE..
Jean-Jacques Osmandjian 24 avril 2007
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