LE PROTOCOLE ARMÉNO‐TURC
Déclaration du MAFP

Le Mouvement des Arméniens de France pour le Progrès est un des héritiers des idéaux de la Résistance du Groupe Manouchian. Suite à l’examen attentif des termes du protocole élaboré à Genève le 31 août 2009 et signé le 10 octobre 2009 à Zürich entre les représentants des gouvernements de l’Arménie et de la Turquie, le MAFP déclare que cet accord peut aider de sortir l’Arménie de son isolement. En signant ce protocole considéré par beaucoup comme un acte inimaginable, l’Arménie sortirait‐elle avec honneur de ce jeu diplomatique? Est‐elle dotée dans cette bataille d’une diplomatie suffisamment aguerrie et mordante pour déjouer les pièges possibles tendus par son interlocuteur? Quoiqu’il en soit, nous ne pouvons qu’ardemment vouloir la réussite de cette entreprise de dialogue direct entre les diplomaties arménienne et turque. Au final, nous savons qu’un résultat positif au terme de ces pourparlers honorerait la Nation Arménienne toute entière.

Conscient de la situation tout à fait particulière générée par cet accord, le Président de la République d’Arménie s’est déplacé en personne pour expliquer la nouvelle donne dans cette région et écouter les doléances de ses concitoyens de la diaspora. À son arrivée à Paris pour un dépôt de gerbes devant la statue du Révérend Père Komitas, il fut l’objet d’attaques verbales d’une rare violence de la part de certains partis dits «historiques» et d’éléments non contrôlés. Témoins de ces événements, nous considérons que le président S. Sarkissian et la nation arménienne dans son ensemble ont été discrédités vis‐à‐vis de l’étranger, ce que nous regrettons vivement.

Nous, Français d’origine arménienne, petits‐fils d’un peuple génocidé, appartenant à la famille des combattants de la Résistance contre le fascisme et le nazisme, sommes convaincus que le Président S. Sarkissian a fait preuve d’un réel courage politique en entreprenant une telle démarche pour l’Arménie; et qu’aucune formation diasporique n’est habilitée à donner des instructions au gouvernement d’Arménie.

Pendant plus de 80 ans et jusqu’à nos jours la Turquie continue d’occulter dans ses livres d’histoire l’existence des royaumes d’Arménie, ainsi que les massacres perpétrés contre les Arméniens de l’Empire ottoman de 1894‐1896 et de 1915‐1917.

Nous, descendants des rescapés de ce crime abominable, sommes des citoyens à part entière des pays où nous vivons. C’est en nous intégrant dans les instances de chacun de ces pays que nous pourrons faire valoir nos droits légitimes à la reconnaissance du Génocide des Arméniens.
 

Le Comité Directeur du MAFP
PARIS, Octobre 2009
www.armen-progres.com