La diaspora est elle en désarroi ?

Le 14 février 2009, René Dzagoyan avait signé un article de fond dans le journal Achkhar intitulé " Le désarroi ". Le rédacteur après avoir brossé le tableau des événements survenus en 2008­2009 constatait le mutisme de la diaspora.

Mais qu’entendons­nous par le mot diaspora. Le dictionnaire Robert définit le mot ainsi: "dispersion d'une communauté à travers le monde ".

Il est bien évident que les Réflexions de René Dzagoyan sont tout à fait pertinentes. Les Arméniens constituent bien une diaspora puisque après le génocide de 1915, nombre d'Arméniens rescapés des massacres, s'installèrent aux quatre coins du monde. Cette entité présente­elle une force compacte capable d'affronter toutes sortes de difficultés ?
A­t­elle la capacité et la compétence de faire valoir les droits des Arméniens auprès des autorités des pays dont elle fait partie ?
Le désarroi de la diaspora qu'évoque René Dzagoyan vient de là.
Une diaspora désœuvrée dont les membres gardent un esprit individualiste constant.

L'action des partis politiques ­ en dehors de l'Arménie ­ pour accaparer les institutions arméniennes tant civiles que religieuses ne facilite pas la formation d'une force unitaire et compacte.

Nous avions dénoncé à maintes reprises le danger que représentaient ces fléaux et nous avions salué le travail de certains de nos compatriotes qui débarrassés de ce sentiment d'égoïsme luttaient sans relâche pour un consensus national.

Il y a 4 ans nous avions rédigé un appel à la constitution d'un " conseil supérieur arménien attentif" dans la diaspora ; cet appel qui fut diffusé par les médias ne reçut aucun écho pas même des trois églises arméniennes qui menaient pourtant campagne dans le même sens.

Début 2008, en Arménie, Serge Sarksyan élu président de la République proposait la création d'un "conseil arménien non gouvernemental" composé d'experts. Son rôle serait de suivre l'évolution de la société et le fonctionnement de diverses branches du tissu structurel du pays ainsi les dérives et les dysfonctionnements seraient rapidement signalés et le gouvernement pourrait y remédier promptement.

L'Arménie aurait­elle mis à profit une proposition conçue pour la diaspora ?

La création d'un tel conseil ne porterait pas préjudice au travail des organisations de la diaspora. Après l'éclatement de l'U.R.S.S., l'Arménie est restée sans défense sous le blocus imposé par la Turquie et l’Azerbaïdjan. Elle reste sous la menace permanente de ces deux pays. De plus, des forces occultes mènent une action insidieuse pour déstabiliser le pays.

Face à une telle situation la diaspora doit être vigilante et mobilisée pour défendre la mère­Patrie. Mais en aucun cas, elle ne doit dicter sa politique à l'Arménie et à l'inverse l'Arménie ne doit pas s'immiscer dans les actions de la diaspora.

Les Arméniens vivant hors d'Arménie sont les descendants des rescapés du génocide.
Aucune institution étatique pas même l'État arménien n'est habilité à empêcher la diaspora de mener campagne pour la reconnaissance du génocide des Arméniens auprès des États du monde. Ce droit est le DEVOIR SACRÉ DU SOUVENIR DES ARMÉNIENS, martyrs de ce crime odieux perpétré par la Turquie ottomane en 1915.

Nersès Durman
Février 2009
nerses.durman1@orange.fr