LA TURQUIE DEVANT LA PORTE D’ENTRÉE DE L’UNION EUROPÉENNE

Pour faire suite à l’année de l’Arménie en France, notre pays a prévu d’organiser « La Saison turque ». Cette initiative ne serait­t­elle pas l’œuvre de nos autorités pour assurer un certain équilibre entre l’Arménie et la Turquie ?

Les manifestations qui doivent démarrer début juillet 2009 et dureront 9 mois. Elles prendraient donc fin avant le mois d’avril 2010. Le choix de la date est­il voulu par nos autorités? La Turquie ne serait­ elle pas d’avantage comblée si ces festivités se prolongeaient au­delà de 9 mois ? Au grand bonheur d’un Etat négationniste, les Turcs organiseraient leurs manifestations le 24 avril 2010, alors que les Arméniens du Monde commémoreraient le 95ème anniversaire du génocide de 1915.

La Turquie se trouve­t­elle vraiment sur le continent Européen ? Géographiquement parlant, elle n’a que 5% de son territoire dans la partie européenne, le reste se trouve en Asie. En consultant les anciennes cartes géographiques, on relève que cette région dénommée à l’époque Asie Mineure s’appelle aujourd’hui Anatolie. Cette mention Asie mineure était portée sur les papiers d’identités des rescapés du génocide, délivrés par les autorités turques.

La Turquie actuelle ne se pose pas la question de savoir si elle est en Asie ou en Europe, les Turcs sont d’ores et déjà présents dans de nombreux pays européens. Ils se sont implantés avec l’aide et appui de l’État turc un demi siècle après les Arméniens qui fuyaient les déportations et les massacres.
Les Turcs installés dans les pays de l’Union Européenne sont intégrés dans le tissu administratif, économique et politique. Aux élections du parlement Européen de 2009, les députés d’origine turque ont obtenu quatre sièges. Ils en avaient cinq auparavant.


Les États membres de l’Union Européenne sont­ils conscients de leur avenir ? Que deviendra l’Europe avec l’entrée de la Turquie dans l’Union ?
À elle seule, la Turquie représentera le pays le plus peuplé de l’Union Européenne. Au niveau des mesures décisionnelles, elle aura un poids équivalent à celui des 15 plus petits États européens. Au point de vue territorial, la Turquie sera une passoire incontrôlable de l’émigration clandestine.

Selon les statistiques de la direction de la Police Nationale turque, entre 1999 à 2004, l’immigration clandestine aurait constitué un flux de 728 000 personnes, représentant de 162 nationalités différentes, qui auraient transitées par la Turquie vers l’Union européenne. Les pays de l’Union ne vont­ils pas devoir affronter un fléau, dont l’issue sera incertaine. Car parmi ces clandestins, qui fuient les dictatures, les discriminations ou la misère ne risque­t­on pas de voir s’infiltrer des trafiquants de drogue, d’armes ou simplement des terroristes ?

Existence d’une Union Européenne solide, démocratique et sociale ne s’érige­t­elle pas comme un concurrent de taille pour les États­Unis ?

Sinon pourquoi l’Amérique insiste­t­elle lourdement à souhaiter l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne ? Au profit de quel pays, serait bénéfique la Turquie dans l’Union? En tous les cas, ce ne sont pas les pays européens qui souhaitent l’entrée de ce nouvel État en leur sein, car la plupart d’entre eux portent encore les traces et les cicatrices laissées par l’occupation turque lors de la période Ottomane. En son temps, le grand Victor Hugo n’avait­il pas écrit: « LesTurcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. Chio, lî' le des vins, n'est plus qu'un sombre écueil. »

À bon entendeur, salut!
Nersès DURMAN
Juin 2009
nerses.durman1@orange.fr