Priorité au développement économique
par Jean Jacques Osmandjian
11 juin 2007

Après les élections du 12 mai en Arménie, le pouvoir est resté, comme prévu, entre les mains du leader du parti républicain, Serge Sarkissian. Un gouvernement de coalition a été formé avec le parti Daschnag.
C’est la 4ème fois que des élections ont lieu en Arménie depuis sa 2ème accession à l’indépendance, mais c’est aussi la première fois que les 300 observateurs occidentaux de l’OSCE qualifient cette élection de régulière. L’Arménie est bien, maintenant, au niveau des autres pays occidentaux en ce qui concerne les standards démocratiques, même si quelques partis, perdants, ont dénoncé des manipulations électorales ça et là. Je dirais que tout cela n’a pas été pire que les élections américaines, ou l’on avait vu comment Georges W.Bush était sortit vainqueur des élections présidentielles, notamment en Floride.
Maintenant que le pays est prêt à être gouverné, quelles seront les priorités de ce gouvernement ? Les objectifs devraient être les suivants :
• Une Armée moderne, plus forte et bien entraînée
• Créer d’urgence de nouveaux emplois
• Développer l’activité dans l’ensemble du pays et pas seulement à Erevan (le tourisme doit être l’un des facteurs de ce développement)
• Augmenter sensiblement les retraites et pensions misérables
• Une assistance sanitaire accessible à tous
• Une instruction de qualité
• Développer le secteur scientifique et industriel
• Lutter contre la corruption

Il est à noter que le PIB (le produit intérieur brut), depuis l’indépendance augmente en moyenne de plus de 10% par an et que le pourcentage de la pauvreté dans le pays est passé de 55% à 30%, ce qui est encourageant mais encore trop élevé si l’on veut que nos concitoyens restent dans leur pays pour y travailler et y vivre décemment. La croissance doit profiter à tous, et ce n’est malheureusement pas le cas depuis 15 ans.
L’accroissement de l’économie est donc vital pour l’Arménie, notamment pour les campagnes, qui souffrent d’un manque évident d’infrastructures, pour y fixer la population. Les routes et les ponts manquants ou en mauvais état, ont pour effet d’isoler les populations des villages des campagnes pendant la période hivernale.

Je rappellerais que depuis 1988 environ 1 million de personnes ont quitté le pays pour trouver du travail ailleurs dont 300.000 pour la seule période 2005/2006.
Il est donc urgent, devant ce grave phénomène d’émigration de soutenir une stratégie de développement industriel pour faire diminuer le chômage et améliorer le bien être des Arméniens dans leur pays. A cet égard, et à titre d’exemple, la prochaine réouverture de l’usine chimique de Ghougassian, fermée depuis le tremblement de terre de 1988, est un signe positif qui devrait permettre la création de 400 emplois.
Pour se donner les moyens de cet indispensable développement économique, il faut absolument régler le problème de l’énergie. Le nouveau gazoduc irano arménien, inauguré en mars à Meghri doit permettre à l’Arménie d’importer 1,1 milliards de mètres cubes de gaz par an, cette quantité devrait doubler d’ici 2019.

Reste maintenant la politique étrangère.
L’Arménie subit un blocus de la part de l’Azerbaïdjan et de la Turquie qui empêche tout développement économique avec ces 2 pays. Son voisin du nord, la Géorgie a ses propres problèmes et n’a pas un comportement très amical. L’Iran nous apporte le ballon d’oxygène indispensable, surtout grâce à l’énergie.
Seule la collaboration avec les grandes puissances économiques comme les Etats Unis, l’Europe la Russie et la Chine, peuvent permettre à l’Arménie d’assurer son développement, d’où l’importance aux yeux des Occidentaux de la bonne application des règles démocratiques lors des différentes élections.
Ne faisons pas de complexes, l’Arménie, est peut-être une petite république du Caucase, mais elle ne laisse pas indifférentes les puissances régionales ou occidentales de par sa situation géostratégique.
Serge Sarkissian, qui souhaite se présenter à la Présidence de la République l’année prochaine, a un an pour démontrer sa capacité a entraîner le pays sur la voie du développement économique et de sa capacité a gérer avec les grandes puissances les relations qui permettront à l’Arménie, d’assurer sa prospérité et la stabilité de cette région tant convoitée par les grandes puissances.

Alors, au travail ! Et souhaitons à ce gouvernement de réussir dans l’union, pour assurer l’avenir de ce pays que nous aimons tous.