LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE à Madame Rakel DINK
Paris, le 19 janvier 2007.
Madame,
J'ai appris la terrible nouvelle du deuil qui vous frappe si subitement vous, vos enfants et au-delà de votre famille, toute la communauté arménienne de Turquie et le peuple turc dans son ensemble.
Je n'ai pas de mots assez durs pour condamner cet acte abominable qui prive a Turquie d'une de ses voix les plus courageuses et les plus libres. Hrant Dink était de tous les combats pour la liberté et la défense des droits de l'Homme. Dans les colonnes du journal Agos qu'il avait créé il y a une dizaine d'années et sur toutes les tribunes, il s'était aussi fait l'avocat du devoir de mémoire et de la réconciliation turco-arménienne. Il croyait dans ce dialogue, en sa nécessité et en son urgence.
Permettez moi, dans ces circonstances particulièrement pénibles, de vous adresser à vous et à vos enfants, ainsi qu'à toute l'équipe du journal, mes condoléances les plus attristées.
Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes respectueux hommages. Et de ma solidarité dans le deuil et l'épreuve.

Jacques CHIRAC

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE de Nicolas Sarkozy Président de l'UMP
Assassinat du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink.

Nicolas SARKOZY condamne avec la plus grande fermeté le meurtre dont a été victime aujourd'hui à Istanbul le journaliste turc d'origine arménienne Hrant DINK.
A travers ce crime odieux, c'est toute la minorité arménienne en Turquie qui est visée.
Cible des cercles nationalistes pour ses propos sur le génocide arménien, plusieurs fois poursuivi par la justice turque, M. DINK était devenu un symbole de la liberté d'expression.
Cet assassinat horrible ne peut rester impuni. Nicolas SARKOZY exhorte les autorités turques à mettre en œuvre au plus vite tous les moyens nécessaires pour identifier et punir les coupables. Il adresse à la famille de M. Hrant DINK, à ses proches et aux membres de la communauté arménienne en Turquie ses plus sincères condoléances.

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COMMUNIQUÉ du Ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy,

PARIS, 19 jan 2007 (AFP) - Le  a exprimé vendredi sa «très grande émotion» après l'assassinat du journaliste turc d'origine arménienne Hrant Dink.
« M. Dink était un grand défenseur des droits de l'homme. C'était un homme de courage et d'une totale intégrité », a déclaré le chef de la diplomatie française, dans un communiqué.
« C'est ce courage qui lui a sans doute coûté la vie. Il jouissait d'une forte autorité morale en Turquie, mais aussi en Europe. Il était convaincu de l'importance du dialogue turco-arménien », a déclaré le ministre, en rappelant qu'il avait rencontré M. Dink lors d'une visite en Turquie il y a un an.
M. Douste-Blazy exprime ses « très incères condoléances à la famille et aux proches de M. Dink, à la communauté arménienne de Turquie et au peuple turc dans son ensemble ». Il « salue la détermination des autorités turques à faire toute la lumière sur cet acte aussi lâche qu'odieux ».
Hrant Dink, plusieurs fois poursuivi par la justice turque et devenu la cible des milieux nationalistes, a été tué par balle vendredi par un inconnu à Istanbul.

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Message de Hélène Luc - Sénatrice du Val-de-Marne, membre du bureau de la Commission Étrangère du Sénat
Paris le 20 janvier 2007
Le monde vient d'apprendre avec indignation, l'assassinat du journaliste arménien Hrant DINK.
Directeur du journal AGOS, il militait avec courage pour la reconnaissance du génocide des Arméniens.
A ce titre il contribuait au rapprochement des peuples turcs et arméniens.
Il avait été condamné à plusieurs mois de prison en 2005, pour avoir clamé haut et fort cette vérité, en application de la loi dit 301 du code pénal turc, .
Hrant DINK, ainsi que d'autres démocrates turcs emprisonnés, pourchassés, sont l'honneur du peuple turc.
Je veux saluer ces démocrates arméniens et turcs qui ont osé manifester à l'annonce de cet assassinat.
Le refus du gouvernement turc de Mr. Erdogan de reconnaître ce génocide, contribue à créer un climat de haine et de violence. Nul doute que l'acte grave  qui vient d'être commis fera se lever d'autres démocrates turcs dans la lutte pour la démocratie.
Je veux une fois encore apporter ma solidarité à la Communauté arménienne en France, en Turquie et dans le monde, qui continuent à être persécutée.

La grande manifestation qui a eu lieu mercredi 17 janvier à la Mutualité, a été un succès énorme.

Marie Georges Buffet m'avait déléguée non seulement pour apporter notre soutien à la Communauté arménienne, mais pour affirmer, que plus que jamais, nous continuons ce combat.
Après avoir mené une lutte sans merci jusqu'à l'adoption de cette loi imposée au Sénat dans la nuit du 6 au 7 novembre 2000, nous voulons faire voter notre proposition de loi pour sanctionner le négationnisme contre le génocide arméniens voté à l'Assemblée Nationale. Avec Serge Klarsfeld, Bernard Henri Lévy et d'autres à la Mutualité, j'ai affirmé que cette loi doit être ce que la loi Gayssot a été pour lutter contre le racisme et l'antisémitisme.
Et cela n'empêchera nullement les historiens de continuer plus que jamais leurs recherches sur ce génocide et qui fit tant de victimes. Je m'incline devant le courage de Hrant DINK et j'adresse à sa famille toute ma solidarité.
Le plus bel hommage que nous puissions lui rendre en cette année de l'Arménie en France, est d'amplifier notre lutte pour la reconnaissance de ce triste génocide. C'est pourquoi  je fais connaître cette démarche ainsi que mon indignation à l'Ambassade de Turquie en France.

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Message de Marie-Arlette CARLOTTI Député européenne (PS) Conseillère  Générale des Bouches du Rhône)

J''ai été bouleversée et horrifiée par l'assassinat de Hrant Dink.

C'est bien sûr un drame personnel et intime pour sa famille et ses proches, à qui je veux exprimer mes sincères condoléances et ma profonde sympathie.
Mais à travers la personne de Hrant Dink, c'est aussi la liberté d'expression en Turquie qui est visée. C'est une figure irremplaçable du combat pour la tolérance et le respect des minorités que ce meurtre a fait taire à tout jamais.
C'est aussi une offense faite à la communauté arménienne, en Turquie et dans le reste du monde.
C'est pourquoi, aux côtés de plusieurs Parlementaires socialistes français, j'ai souhaité que le Parlement européen s'exprime publiquement et demandé à mon groupe politique d'intervenir en ce sens.
A la demande du PSE, le Président du Parlement européen a prononcé une déclaration à l'ouverture de la session plénière du 31 janvier 2007 et demandé une minute de silence.
J'ai le plaisir de vous transmettre ci-joint le texte de ce message.
Je me réjouis de cette expression solennelle de respect pour la personnalité de Hrant Dink et de son engagement.
Aujourd'hui, c'est une exigence de justice qui prévaut.
Toute la lumière doit être faite sur cet assassinat. Les responsabilités doivent être établies et les coupables châtiés.
Mais en attendant, la responsabilité politique de la Turquie est engagée.
Je partage la position exprimée par l'Union Internationale des jeunes Socialistes (IUSY) qui souligne dans sa résolution du 3 février dernier "le défaut de protection accordé à Hrant Dink" par les autorités turques, et rappelle opportunément que "la politique continue de négation du génocide des Arménien a encouragé le racisme, le fascisme et la discrimination au sein de la société turque".
Cette année 2007 marque le 20ème anniversaire de la reconnaissance du génocide des Arméniens par le Parlement européen (résolution du 18 juin 1987).
Ce combat est plus que jamais d'actualité tant restent fortes les résistances - en Turquie, mais aussi en Europe - les résistances à la victoire de la vérité et de la justice.
Vous le savez, ce combat est au cœur de mon engagement politique dans ma région et au sein du parlement européen. Vous pouvez compter sur moi pour poursuivre mon travail à vos côtés.
Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l'expression de ma meilleure considération.
 

Séance plénière du Parlement européen du 31/01/017

Déclaration du Président du Parlement européen, Hans-Gert POETTERRING, sur l'assassinat de Hrant Dink (traduction de l'anglais)
Le Président du parlement européen a exprimé en session plénière sa plus grande tristesse à la suite du meurtre du journaliste Turco-arménien Hrant Dink et demandé une minute de silence.
"Ce meurtre ignoble nous a tous choqués. En tant que journaliste, Hrant Dink jouissait de la plus haute estime. Il était une voix importante des Arméniens en Turquie et a travaillé inlassablement à la promotion de la démocratie et de la liberté d'expression. Je me réjouis que les autorités turques fassent en sorte de trouver rapidement le meurtrier. Cela nous donne à croire que la Turquie s'efforce de poursuivre ses efforts pour faire de la liberté d'expression une réalité".

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